Suite au report du Conseil d’administration prévu le 26 juin 2025, un nouveau Conseil d’administration a été convoqué le 17 juillet. Son ordre du jour ne comportait pas le point litigieux qui a fait l’objet de plusieurs communications, notamment dans la presse des Français de l’étranger.
Voici, ci-dessous, la déclaration liminaire de la Fapee au CA du 17 juillet 2025.
Vous pouvez retrouver l’ensemble des déclarations officielles de la Fapee en suivant ce lien.
Monsieur le président,
Madame la directrice générale,
Mesdames et Messieurs les administrateurs,
Merci d’avoir pu nous réunir avant les congés d’été. Dans la mesure où l’ordre du jour va nous permettre d’adresser des situations d’établissements en zone de tension ou encore de faire progresser certains dossiers qui nécessitaient le concours de cette instance.
Cependant, avec mon coreligionnaire de la FAPEE, Sébastien Ricout, qui siège à mes côtés mais à distance, nous partageons que plusieurs de nos interrogations vont demeurer une fois la séance levée.
En effet, dans un contexte et un report marqués par des manifestations de pression budgétaire, la présentation du Budget Rectificatif (version 1) ne va tenir le suspense que jusqu’à la page 4. Avec d’un côté une dotation supplémentaire à l’aide à la scolarité (ça c’est bien) mais de l’autre nous sommes tristes de constater une baisse de la subvention de charges pour services publics de près de 24 millions d’EUR. Ce sont des billes que l’on retire au milieu de la partie et qui nous ramène au niveau de 2023 du point de vue des ressources de l’Agence.
Et il est compréhensible que cette dernière mesure ait suscité des réactions qu’on peut caractériser entre « au pied du mur » et « dos au mur » (selon comment on se projette pour franchir ledit mur.)
Avec notamment en réponse évoquée, la solution totem de la refacturation des charges relatives aux pensions civiles. Nous estimons qu’elle ne sera pas annonciatrice du miracle attendu et de ce que je comprends, nous n’en parlerons pas plus aujourd’hui….
La FAPEE est sensible aux signaux d’alerte qui menacent la continuité d’exploitation. Et en tant que membre du conseil d’administration, nous sommes conscients qu’il faut étudier tous les différents moyens pour pouvoir la préserver. Et j’étends cette remarque à chacun autour de cette table : Il faudra faire les bons choix, réfléchis et éclairés.
Les demandes de la FAPEE pour progresser et travailler de concert avec l’Agence sur les sujets de fond, je les réitère aujourd’hui. Et je souhaite amplifier l’écho de cet appel jusqu’à la tutelle et même à toutes les parties prenantes volontaires.
Plus que jamais, je nous sais pertinents.
D’abord parce que notre positionnement est unique :
- Nous représentons des Associations de Parents d’Elèves attentives et exigeantes, baromètre des tendances et les capteurs les plus précis qui existent des situations autour du monde.
- Nous représentons en même temps des Comités de gestion et conseils d’administration, auxquels j’associe les directions des établissements concernés qui manifestent chaque jour les ambitions qu’ils ont pour l’Ecole et font tout pour dynamiser l’Enseignement Français à l’Etranger.
- Par notre sensibilité aux enjeux collectifs qui dépassent les considérations d’équilibre financier. Car les problématiques sur lesquelles nous travaillons concernent également la concurrence locale, les actions relatives à la promotion et à l’attractivité de nos établissements, la correcte destination des aides à la scolarité et l’aide aux élèves à besoins éducatifs particuliers.
Mais surtout parce que j’ai vu la mobilisation et l’énergie de nos membres lors de notre dernière assemblée générale des 4 et 5 juillet derniers.
Certes l’actualité en a dopé la fréquentation, mais elle nous a aussi amenés à revisiter un des socles communs de notre fédération que sont les propositions de la FAPEE pour l’avenir du réseau. Un document fondateur établi en 2018 avec un corpus de mesures qui continue de mériter qu’on s’y attarde.
Nos membres gestionnaires se sont naturellement fédérés autour de leurs préoccupations qui découlaient d’un possible transfert de la charge des pensions civiles. Cette mobilisation s’est instantanément traduite par un travail pratique sur des scenarios d’impacts financiers mais aussi organisationnels. Avec au centre la question de leur propre continuité d’exploitation.
Notre collectif rejette les visions fatalistes. Nous sommes prêts à affronter toutes les éventualités mais il ne doit pas y avoir de tabou.
Vous aurez tout le sérieux de notre contribution à faire avancer les Etablissements Français à l’Etranger, mais je ne pourrai rien garantir si nous constatons dans quelques mois qu’autour de la table certains se seraient voilé la face, ou pire, qu’ils nous aient menti.
A ce titre, à l’annonce des coups de rabots, apparitions et disparitions de certaines mesures correctrices, il faut être clair. De manière générale, devons-nous revoir nos hypothèses de travail ?
Nous avons besoin d’une vérité sans détour.
Car si nous continuons de naviguer vers le même cap, les conditions actuelles nous confisquent la boussole et sans action logique et cadrée, je doute que l’ensemble de l’organisation verra 2030.
Nous sommes collectivement conscients du formidable réseau qui nous rassemble, nous sommes solidairement responsables de son devenir.
Encore une fois : Le déni nous perdrait.
Tant qu’il y aura des élèves et des familles convaincues, alors il y a de l’avenir pour nos écoles.
Pour la FAPEE
Brice Bultot
Président



