Conseil d’administration de l’AEFE du 11 mars 2026

Vous trouverez ci-dessous les points saillants du conseil d’administration de l’AEFE du 11 mars 2026, qui s’est ouvert par un point d’étape de la mission sur la réforme de l’AEFE menée par la sénatrice Samantha Cazebonne.

Déclaration de la sénatrice Samantha Cazebonne

Le conseil d’administration de l’AEFE du 11 mars 2026 débute par une intervention de la sénatrice Samantha Cazebonne au sujet de sa mission sur la réforme de l’AEFE.

La sénatrice rappelle son attachement à l’AEFE et rend hommage à son travail durant ces dernières années. Elle s’engage à accompagner un nouvel élan pour une AEFE pleinement au service des acteurs de l’enseignement français à l’étranger. Elle souligne la complexité de la mission en raison des attentes diamétralement opposées des différents acteurs.

Elle rappelle que le réseau s’est construit sur des exceptions et des singularités qui sont perçues comme tout à fait normales par ceux qui en bénéficient mais comme injustes ou inéquitables par d’autres.

La sénatrice détaille la méthode qu’elle a choisi de suivre, en trois phases :

  • Ecoute sincère
  • Transparence des données
  • Mise en perspective afin de trouver le chemin du consensus individuel et collectif.

Objectif essentiel : se donner les moyens de convaincre nos élèves et leurs parents de rester des élèves de l’EFE et d’en devenir demain les futurs parents.

Elle salue pleinement la collaboration de la direction générale de la mondialisation, de l’ensemble des chefs de service et sous-directions du MEAE. Elle a rencontré également les services de Bercy qui ont apporté des éclairages précieux, l’AEFE auprès de laquelle elle a déjà passé 2 jours et passera encore 2 autres journées. Elle a auditionné les groupes éducatifs, la MLF, le ministère de l’Education nationale, et poursuivra ses échanges avec la DGSCO et la DRH en lien avec l’AEFE.

Elle a également auditionné les 3 fédérations de parents d’élèves, les représentants des forces syndicales, et échangé avec près de 200 représentants de comités de gestion de parents d’établissements partenaires et conventionnés.

De nombreuses auditions sont encore à venir et la sénatrice demandera également au personnel d’encadrement d’établissements conventionnés et EGD de réfléchir aux évolutions souhaitables pour l’avenir de ces structures d’établissement, avant de confronter ces propositions avec des personnels d’éducation volontaires.

Elle a par ailleurs également souhaité la création d’un groupe de travail d’ambassadeurs afin de travailler sur les accords bilatéraux qui pourraient être déclinés dans certains pays ne disposant pas encore de réciprocité financière avec la France, mais aussi afin de travailler à une définition plus claire d’un plan école par pays et par région pour mieux coordonner l’offre scolaire.

Elle abordera également le sujet des bourses, du risque de départ des classe moyennes, la formation des personnels, les rythmes scolaires, les labellisations, les parcours vers le supérieur et le monde de l’entreprise, les compétences psychosociales, bien-être, l’inclusion et la lutte contre le harcèlement, ainsi évidemment, que le nouveau modèle économique de l’Agence.

La sénatrice s’appuiera sur les missions des six d’inspecteurs généraux, dont l’objectif est d’approfondir les données chiffrées et de faire des propositions pour redéfinir ce modèle économique, mais avant de faire des propositions il convient d’entendre la préoccupation budgétaire des établissements et les incertitudes vécues par les personnels, qui attendent des réponses à la suite de décisions prises qui n’ont plu, ni sur le fond ni sur la forme, à personne.

Pour se faire entendre mieux et rapidement, il faudra des changements rapides de gouvernance des instances au sens large du terme, le modèle même de fonctionnement du Conseil d’administration de l’AEFE est à revoir car il ne permet pas un réel pilotage partagé et inclusif des décisions, qui impactent pourtant l’ensemble de l’enseignement français à l’étranger. Une gouvernance plus participative donc doit regagner la confiance des acteurs, et c’est un point essentiel attendu à la bonne mise en œuvre de cette future réforme.

Les propositions pourront être faites très prochainement en ce sens pour les 400.000 élèves, pour les 40.000 personnels et pour les milliers de familles du réseau.

Pour la sénatrice, nous avons plus qu’une obligation de moyen, nous avons collectivement la responsabilité de faire aboutir une réforme qui tende vers le consensus.  

La sénatrice conclut en rappelant que le temps accordé par les acteurs du réseau à cette mission est précieux et qu’elle ne considère pas que cette mission lui appartienne, ni le rapport qui en émanera, il sera « le nôtre ».

Déclaration liminaire de la Fapee

En représentation de tous les membres de la FAPEE, et de l’ensemble des parents du réseau, nous abordons ce conseil d’administration avec encore davantage de questions que lors du précédent.

Les décisions budgétaires prises lors du conseil d’administration du 18 décembre ont provoqué une marée de réactions.

  • Une opposition par réflexe, puis par le manque éprouvé d’avoir été convaincu par les explications fournies dans la période subséquente.
    • En conséquence, les représentants des parents en EGD ont déserté les conseils d’établissements de janvier. Les familles de ces établissements, plus largement, ont fait usage de tous les moyens qu’ils ont pu imaginer pour exprimer leur frustration, et leur désespoir, de voir une nouvelle fois les frais de scolarité augmenter. Et s’accompagner la plupart du temps de perspectives très sombres.
    • Nos parents gestionnaires en établissements conventionnés essaient de se dépêtrer des obstacles en termes de finance, de trésorerie et de gouvernance locale que posent les considérations du nouvel avenant et la nouvelle contribution qui l’accompagne.
    • Nos parents gestionnaires en établissements partenaires sont dans l’incompréhension de voir leur engagement bénévole (mal)traité comme s’ils cherchaient à faire de l’argent avec le label AEFE, alors qu’ils observent tant régimes dérogatoires autour d’eux. A cela s’ajoute une attente manifeste de découvrir comment s’articulera la matérialisation de la décision prise d’augmenter leur participation au financement du réseau.
  • Une profonde inquiétude sur ce que sera l’après 2027. Avec la crainte que l’accès au modèle d’école que nous chérissons se soit alors transformé en un parcours sacrificiel. Voire pire : que dans certaines zones, des écoles françaises disparaissent purement et simplement.

 

Et pourtant, quelques espoirs se maintiennent 

  • Du coté des élus, l’expression largement relayée que les mesures d’équilibrage budgétaire n’étaient pas la solution. Notamment puisque séparées d’une réforme plus générale, que nous comprenons aujourd’hui en cours de maturation. Un aspect que nous avions évoqué en conclusion de notre déclaration liminaire du 18 décembre 2025 et faisant écho à notre appel du 27 Novembre 2025 afin que les élus de réévaluent la situation imposée à l’agence par le paquet budgétaire alors en vigueur.

 

 

  • Par l’intensité des réflexions qui ont cours depuis les derniers mois – même si comme effet de bord nous constatons un foisonnement de missions, groupes de travail et consultations qui se revendiquent toutes d’un grade officiel mais qui brouillent finalement la cohérence de l’exercice. Nous percevons que des sujets de fonds sont pris à bras le corps. Nous espérons maintenant collectivement qu’un véritable plan de réforme prendra, aussitôt que possible, le chemin du concret.

Mais en conséquence, se profilent certainement des mutations que nous pouvons imaginer profondes pour le statut de certains établissement, lorsque ce n’est pas la continuité de service qui pourrait être remise en cause.

Les deux derniers mois ont été pour la FAPEE marqués par la fréquence et l’intensité des sessions de concertations avec nos membres :

  • Pour les familles en EGD, explorer toutes les moyens possibles pour faire entendre leur désarroi.
  • Pour les APE et les comités de gestions, la considération et l’activation de recours collectifs ou individuels,
  • Pour les parents gestionnaires, anticiper des situations financières ou RH compliquées, avec la prise en compte de différents scenarios de sauvegarde de l’activité. À cet égard, l’importance du moment et des enjeux a motivé une extraction représentative d’associations de gestion parentale à se rassembler les 19 et 20 mars prochain à Paris dans un colloque qui a pour vocation de confronter les réalités de chacun et de travailler sur ce que nous souhaitons notre avenir commun.

De nombreuses questions et incertitudes subsistent au moment où nous nous parlons. Aussi nous réitérons nos exigences :

  • Aborder le changement qui accompagnera la réforme en intégralité – pas de mesure isolée, pas d’initiative soumise dans la précipitation.
  • Entendre nos membres comme partie complète de la solution, ne pas cantonner les parents à une force d’opposition.
  • Que chacun ayant le pouvoir de contribuer à un bel avenir pour le réseau le fasse. Même si plusieurs tendances de fond identifiées il y a 10 ans passés ont inéluctablement contribué à la situation que nous connaissons aujourd’hui, nous avons été poussés dans nos retranchements par une décision budgétaire adoptée au parlement. Et ce que la représentation nationale a fait, elle seule peut le défaire, en activant exactement les mêmes mécanismes.

Je comprends les préoccupations d’emploi raisonné de l’argent public, je comprends moins celles qui opposent une certaine catégorie de population à une autre.  Aujourd’hui notre priorité à la FAPEE c’est l’avenir de nos enfants et quelle que soit l’urgence : préserver leur école. 

Point d'actualité par la directrice générale de la Mondialisation

Le point d’actualité début par un focus sur la guerre au Moyen-Orient, qui concerne 92 établissements et 80 000 élèves. La directrice générale de la Mondialisation salue la réactivité de l’agence et le professionnalisme et le courage des personnels. Elle rappelle que tout en assurant la sécurité de tous, il convient de penser à l’après, aux examens, etc.
L’AEFE a officiellement demandé à l’ensemble des établissements du réseau de faire preuve de solidarité en exonérant de frais d’inscriptions les élèves qui arriveraient en ce moment des zones de guerre.

La directrice générale de la Mondialisation souligne ensuite que c’est bien une réforme profonde de l’opérateur qui est en cours. Le modèle tel qu’il a été originellement conçu, il y a plus de 35 ans, ne fonctionne plus car le contexte est complètement différent en termes de concurrence, d’évolution des classes moyennes, de tendances démographiques, et d’impératif de redressement des comptes de la Nation. Elle affirme à plusieurs reprises que « nous aurions dû collectivement prendre des mesures plus tôt » (Note de la Fapee : ce n’est pas faute d’avoir alerté sans cesse depuis près de 10 ans).

Une fois réaffirmé l’attachement à l’enseignement français à l’étranger, la directrice générale de la Mondialisation demande comment aller de l’avant ? Elle concède qu’une meilleure concertation aurait pu être assurée, mais qu’il a fallu agir en responsabilité.

Elle assure entendre très bien la rupture de confiance qu’ont suscité ces mesures, y compris l’annonce sur la participation des partenaires.

Le constat est que la ressource humaine de l’agence, les personnels d’enseignement, de formation et d’encadrement, est précieuse, et de plus en plus chère. Il faut l’allouer de façon stratégique.

Aujourd’hui on se pose des questions, qu’on aurait dû se poser plus tôt. Comment optimiser notre ressource pour ne pas automatiquement répercuter sur les frais d’écolages ? La directrice générale de la mondialisation rappelle les efforts faits par l’AEFE, sur les postes au siège, comme sur la récupération des remontées financières bloquées depuis longtemps.

La deuxième phase de la réforme comporte deux principaux volets : une gouvernance renouvelée de l’agence, et une clarification de ses services autour des deux missions de service public et d’influence, avec la clarification des flux financiers afférents.

Les instances de gouvernance doivent être renouvelées avec encore plus de participation, notamment dans les EGD.

La directrice générale de la mondialisation évoque les trois inspections mandatées par le Premier ministre, pour un diagnostic de la situation financière, et pour identifier d’autres leviers de redressement possibles. Elle rappelle que 65% des crédits de la diplomatie culturelle de l’Etat sont consacrés à ce réseau.

Point sur la mise en œuvre des mesures du 18/12/25 par la directrice générale de l'AEFE

Concernant les personnels de formation, dont la contribution pensions civiles est prise en charge par les IRF (et représentent 4,24M€), des mesures de péréquation sont mises en œuvre pour répercuter les coûts.

Pour les EGD, des heures de dialogue de gestion se sont tenues et se tiennent encore pour revoir les données du budget initial 2026 et définir une trajectoire triennale sur les augmentations des écolages. 21 EGD ont à l’heure actuelle reçu la décision formelle des augmentations pour la rentrée 26. La hausse moyenne en devise est de 8,58% hors Buenos Aires et Ankara qui sont dans des situations particulières (10,5% avec).
Les dialogues de gestion seront terminés fin mars.
2 EGD, Rome et Valence, sont dans une situation très fragile qui nécessitera un accompagnement de l’agence.

Concernant les établissements conventionnés, le dialogue est en cours avec, dans l’immense majorité des cas, une confirmation de l’attachement à la convention.
13 avenants ont été signés. 139 établissements ont indiqué être favorables à signer. 3 établissements envisagent de déconventionner.
Pour certains, l’impact est beaucoup trop important pour être absorbé, 30 établissements ont
été identifiés, notamment à Madagascar, en Afrique sub-saharienne et en Amérique latine, ils seront accompagnés par l’agence.
La directrice générale rappelle que les établissements peuvent solliciter des échéanciers de paiement.
Elle souligne également que certains établissements peuvent moduler les augmentations des écolages en jouant sur les effectifs par classe, quand c’est possible.
Elle comprend la volonté des comités de gestion de rationnaliser et d’optimiser l’emploi des détachés, mais rappelle que les fermetures de postes devront se faire dans le respect des règles en vigueur.

Enfin, concernant les établissements partenaires, un nouveau modèle d’accord de partenariat recensant de manière systématique les services fournis est en cours de finalisation et sera présenté lors d’un prochain conseil d’administration.

La directrice générale conclut en confirmant que l’AEFE a bien reçu les 3 recours gracieux contre les décisions du 18 décembre 2026 (Note : l’un d’entre eux émane de la Fapee), et que les réponses sont en cours de préparation avec le service juridique.

Point sur les bourses scolaires

Un point sur les bourses scolaires (programme 151) est ensuite effectué par la DFAE.

Budget 2025 des aides à la scolarité : 100,5M€ au profit de 18.578 élèves français scolarisés dans le réseau. Cela représente une baisse de 5,74% par rapport à 2024.
2,41M€ ont été dédiés aux aides AESH au bénéfice de 474 élèves.

La loi de finances initiale 2026 prévoit un budget de 97,9M€ pour les bourses scolaires, et de 2,5M€ pour les aides AESH.

La DFAE sera très attentive à l’impact des hausses de frais de scolarité qui interviendront à la suite des mesures du 18 décembre 2025.

Le nombre d’élèves boursiers a diminué de 26,5% depuis 10 ans, avec, selon la DFAE, une quasi-stabilité du montant global alloué.

Groupe de travail sur l’évolution du système des bourses : 4 thématiques sont évoquées, le calcul de l’IPPA, l’évolution des seuils d’exclusion mobiliers et immobiliers, la prise en compte des plans épargne retraite obligatoires, et le plafonnement des frais de scolarité dans les établissements où ils sont le plus élevés (Note de la Fapee : il manque le point très important sur les familles monoparentales, qui doit faire l’objet d’une réunion spécifique).

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