Nous déplorons que le renforcement de la place des parents évoqué ne se situe qu’au niveau de leur contribution financière. Nous comptons à présent sur les échanges avec la ministre Eléonore Caroit, dont nous savons l’attachement au réseau, pour faire entendre la voix des parents, des APE et des organismes gestionnaires. La voie des parents est désormais la seule possible.

Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 Paris
Paris, le 29 octobre 2025
Monsieur le Président,
La Fapee représente plus de 200 associations de parents d’élèves dans les établissements français à l’étranger, dont 85 gèrent des établissements scolaires, et notre mission d’utilité publique nous conduit à vous écrire aujourd’hui au nom des parents finançant la scolarité des 400 000 élèves du réseau AEFE.
Ce réseau, et son opérateur, auxquels vous avez confié en 2018 une ambitieuse mission de développement et de rayonnement culturel, traversent une crise sans précédent : des coupes budgétaires répétées, une gouvernance à bout de souffle, une perte de confiance des familles et des personnels.
Depuis plus de dix ans, les familles sont devenues le premier financeur de ce système.
Elles en assurent la stabilité, mais on ne les écoute pas.
On leur demande de payer toujours plus, sans transparence, sans visibilité, et sans reconnaissance.
Elles ne demandent pourtant qu’une chose : être considérées comme des partenaires à part entière, et participer réellement aux décisions qui engagent l’avenir de leurs établissements.
En 2018, nous avons formulé 50 propositions pour moderniser la gouvernance, redonner des marges de manœuvre à l’opérateur et réconcilier performance éducative et viabilité financière.
Peu ont été entendues.
Aujourd’hui, certaines figurent parmi les pistes de réflexion du groupe de travail interministériel sur l’avenir du réseau : preuve qu’elles étaient justes, et qu’il est temps d’agir.
La Fapee porte la voix de toutes les familles de l’enseignement français à l’étranger :
- les parents des établissements en gestion directe, dont le lien avec la France est si omniprésent qu’elles ne peuvent comprendre son désengagement,
- les parents gestionnaires des établissements conventionnés ou partenaires, qui savent précisément ce qu’il faut changer pour libérer l’énergie de leurs équipes,
- les parents d’établissements à but lucratif, souvent déçus et amers, qui paient un label « enseignement français » sans bénéficier d’un service à la hauteur,
- et les parents du réseau de la Mission Laique Francaise (MLF), confrontés au même manque de transparence et de dialogue.
Ces parents, ces familles, Monsieur le Président, sont prêts à être les meilleurs ambassadeurs de la France.
Mais faute d’être entendus, ils se découragent, se détournent, et finissent par choisir d’autres systèmes, où ils trouvent écoute et respect.
Pourtant, nos établissements ont des atouts incomparables : une pédagogie exigeante et humaniste, des résultats supérieurs à ceux du territoire national, un plurilinguisme exceptionnel, une ouverture culturelle unique. Ils devraient être un modèle d’excellence, admiré partout dans le monde.
Mais faute d’une vision moderne et d’une ambition renouvelée, ils s’essoufflent.
Le problème n’est pas dans la qualité de l’enseignement : il est dans la faible capacité à valoriser ces forces, à investir dans l’avenir, à donner à chaque établissement les moyens d’être attractif et pérenne.
En sortant d’une logique purement comptable, nous pouvons non seulement préserver, mais aussi relancer ce réseau qui contribue au rayonnement culturel, linguistique et diplomatique de la France.
Monsieur le Président,
le moment est venu de dire la vérité sur l’avenir du réseau.
Souhaitez-vous un désengagement progressif de l’État, accompagné d’une labellisation en série d’établissements privés à but lucratif ?
Ou bien croyez-vous encore, comme nous, qu’un autre modèle est possible : un modèle fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et l’intérêt général ?
Si tel est le cas, alors il faut nous entendre et accorder à nos propositions une plus grande considération.
Les familles ne sont pas le problème : elles sont la clé de la solution.
Elles doivent être au cœur de la refondation du réseau d’enseignement français à l’étranger.
La Fapee mérite d’être impliquée à un niveau supérieur. Nous avons la connaissance historique du réseau et de nos établissements en particulier. Nos membres sont les premiers convaincus qu’il est possible de façonner un bel avenir au réseau d’Enseignement Français à l’Etranger. Soyez assuré que nous mobiliserons toute les forces de notre Fédération face à l’urgence et l’importance des enjeux en présence.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.
Pour le conseil d’administration de la Fapee
Brice Bultot, Président




